Un trio du tonnerre pour la rentrée

Il y a des événements qu’on retrouve chaque année, mais certains avec plus de plaisir que d’autres, la rentrée littéraire entre dans cette catégorie, non ? Quel libraire n’est pas fébrile au moment de la présentation des titres qu’il mettra en place fin août ?

Carine a choisi de vous partager trois titres qu’elle vous a présenté et qu’elle a particulièrement aimé.


Dans la salle d’attente de la clinique, Charlie et sa mère patientent. D’ici quatre heures, le père de Charlie sortira du bloc et il s’appellera Alice.
Pendant ce temps suspendu, Charlie se remémore les derniers mois que sa famille a traversés. En douce, Charlie tient un journal consacré à son père. Il rédige les étapes. Ce qui les attend, son père, sa mère et lui. Il va tout écrire. Tous les dangers d’être femme ou minorité dans notre impitoyable société. Du haut de ses 14 ans, à l’âge où l’on tente soi-même de forger sa propre identité, Charlie à l’humour ravageur et en prise avec ses propres contradictions se fait le porte-parole de ce père qui est en train de marcher sur la Lune.

Julien Dufresne-Lamy signe un roman doux et audacieux sur la transidentité et la famille. La bouleversante histoire d’amour d’un clan uni qui, ensemble, apprend le courage d’être soi.

Mon père, ma mère, mes tremblements de terre de Julien Dufresne-Lamy, chez Belfond, Pointillés – 9782714493118, 249 pages.


14 février 1976, jour de la Saint-Valentin. Dans la ville pétrolière d’Odessa, à l’ouest du Texas, Gloria Ramirez, quatorze ans, apparaît sur le pas de la porte de Mary Rose Whitehead.
L’adolescente vient d’échapper de justesse à un crime brutal. Dans la petite ville, c’est dans les bars et dans les églises que l’on juge d’un crime avant qu’il ne soit porté devant un tribunal. Et quand la justice se dérobe, une des habitantes va prendre les choses en main, peu importe les conséquences.
Elizabeth Wetmore n’hésite pas à sonder les tréfonds de l’âme humaine et livre un roman dur et âpre à la beauté mordante.

« En plein Texas des champs de pétrole, une formidable galerie de personnages, de ceux qui rarement ont la parole, tous reliés par le drame, mais tous livrés dans l’intimité de leurs propres histoires… »

Glory d’Elizabeth Wetmore chez Les Escales – 9782365694599, 315 pages


Un enfant – des enfants sont emmenés dans des wagons. Une main les a lâchés sur un quai de gare. Sans savoir, sans pouvoir voir l’impensable, leurs parents les envoient vers ce camp de vacances rythmé par un irréel quotidien, fait d’ordres absurdes et de caresses violentes.
L’histoire est celle de cet enfant et de l’adulte qu’il ne pourra pas devenir, à moins d’être en capacité de rouvrir l’enquête. Longtemps après les faits. Comme une vieille plaie. Intime. Inconcevable.

« Ce qui a pérennisé le système : le berger, c’était le loup. Il nous écartait des autres pour ne pas être dérangé. Et plus, il prenait la pose du berger, plus il devenait loup. »

Sans rien dire de ce qui ne se montre pas, Oscar Lalo convoque avec ses propres mots, pourtant universels, la langue sublime du silence…

Les contes défaits d’Oscar Lalo chez Belfond, Petits pointillés – 9782714494382 , 158 pages

Rarement été aussi contente de voir une rentrée arrivée !